Thursday, February 7, 2008

Lettre au jeune Major


Major,

Je t’appelle Major si tu veux bien. Pas que tu ais signé dans l’armée, sois tranquille, mais parce que c’est le surnom que tes nouveaux copains t’ont donné. Je t’écris pour te rassurer un peu, je sais que ce n’est pas facile d’avoir 17 ans. Je me souviens des questions que l’on se pose et des réponses que l’on ne trouve pas.
Tu seras donc content, je crois, de savoir que les choses ont plutôt bien tourné pour toi, tu n’as pas à te plaindre.

En ce moment tu vis à Rome, tout près du Panthéon. Tu voyages, pour ton métier. Bientôt tu iras voir ailleurs si par hasard l’herbe n’y est pas un plus verte.
Tu as des amis, même si ce ne sont plus les mêmes. Profite bien des tiens, car le temps passe vite. Aujourd’hui, sans que tu t’expliques bien pourquoi, tu préfères les éviter quand parfois tu les croises.

Ne t’en fais pas trop pour les filles non plus, tout ce que je peux te dire c’est qu’elles ne te décevront pas.

Aujourd’hui tu parles l’anglais avec aisance, et quelques autres langues un peu moins bien. J’ai bien peur, Major, que tu sois devenu un de ces types vaguement énervants, même si tu votes toujours à gauche.

Alors, tu vois, je n’ai pas de conseil à te donner, tu t’en sors très bien tout seul. Je me contenterai simplement de répondre à quelques unes des questions que tu te poses en ce moment :

- non, tu ne feras pas l’armée. Tu trouveras un petit boulot sympa à la place.
- oui, tu vas encore te planter à ton contrôle de Maths. Désolé.
- non, tu ne coucheras jamais avec Sophie Marceau. Idem.
- oui, la France sera championne du monde de football et tu embrasseras pour fêter ça une jeune fille tchèque dont tu oublieras aussitôt le nom.

Tout le reste, je te laisse le découvrir par toi-même.

Oh et puis si, une dernière chose. Un jour de Septembre 2002 tu rentreras dans un pub pour y boire un verre. Derrière le bar, il y aura une serveuse aux longs cheveux roux, pleine de tâches de rousseur. Ne va pas penser qu’elle est trop belle pour toi, elle te le reprocherait pour le reste de ta vie.

Bien à toi,

Major

3 comments:

Don J. said...

T'inquiète major, y'a encore de la route à faire avant de tirer les sommes...Pense seulement qu'il te manque encore au compteur l'expérience la plus invraisemblable que tu ne puisses pas imaginer...tu m'auras compris.

Vu que le ton à l'air de monter chez toi, je t'offre un exil prudent demain vers 17h., fais moi savoir!

Don J.

Cécile said...

J'adore ce texte! Je voudrais bien que quelqu'un m'écrive une lettre comme ca maintenant pour les 10 ou 20 années à venir, qu'est ce que ca me ferait du bien! (comment ça je suis déprimée en ce moment ???)
;o)

Boo said...

J'ai suivi ton lien depuis chez MissZen et sa "lettre à une jeuune fille pas rangée". J'aime beaucoup ton texte, ça intrigue, on a envie de savoir comment ce jeune Major s'en est tiré, finalement.