Wednesday, June 25, 2008

Une petite histoire personnelle de blogging


Quand j’ai commencé à tenir un blog, je n’arrivais pas à me décider sur la langue que je devrais utiliser (même si j’ai assez tôt renoncé au chinois).
Le français, c’était un peu facile, non ? Après tout j’ai tendance à être furieusement français (un mélange d’arrogance et de beauté ensorcelante qui me fait repérer à chaque fois).
Mais, et l’anglais, me demandai-je aux toilettes (une pièce dans laquelle j’ai toujours pris les plus grandes décisions de ma vie) ? Une grande partie de mon existence se déroule en anglais. Ma vie amoureuse. Par exemple c’est en anglais que je demande à Madame Red de me passer le sel ou toute autre déclaration importante qui font de notre couple une réussite. Je ne pouvais pas ignorer l’anglais, me disais-je, toujours aux toilettes (une pièce dans laquelle, maintenant que j’y pense, je passe beaucoup de temps).

C’est alors que j’ai eu cette inspiration : un blog bilingue. Je pouvais déjà voir des lecteurs du monde entier émerveillés par ma prose (on parle le français dans des endroits aussi reculés que le Canada ou la Suisse, endroits qui ont eux aussi la chance, j’ai vérifié, de bénéficier d’accès internet à haut débits).

J’ai donc cherché un nom pour mon blog (je n’ai plus besoin de vous préciser dans quelle pièce je me situais à ce moment là) tout en rédigeant ma lettre de démission (qui a besoin d’un travail quand il a un blog bilingue ?).
« Major » était pris. Tou comme « The Major ». Qu’est-ce que c’est que ce bordel, me dis-je. Après ce contretemps, il m’a fallu longtemps pour trouver l’excellent « Frenchmajor » (j’avais peur que le concept soit déjà assez innovant et je voulais un nom simple).

Et j’ai commencé à publier mes articles (un mot dont je ne me lasse pas, publier, comme dans « alors Major, tu as publié quelque chose récemment ? »)
Le succès, je dois le dire été immédiat. Toute la famille de Madame Red a lu mon blog en anglais (une famille plutôt nombreuse si vous voulez mon avis). Puis ma famille l’a lu aussi en français (une petite famille nucléaire malheureusement).

Et puis un jour c’est arrivé. Mes stats sont devenues folles et depuis cela n’a pas cessé. Aujourd’hui, 10 mois après mon premier article, ce sont près de 15 personnes qui se pressent chaque jour pour découvrir le cœur battant une histoire qui va leur apporter un peu de bonheur.

Pensez-y un peu.

15 personnes. Tous les jours.

Je suis bien content d’avoir gardé mon boulot.
Et je suis bien content d’écrire en deux langues.

Monday, June 23, 2008

Letter to Madame Red


I know, I already wrote to you a while ago. But you were a Miss at that time, things have changed since then. (Did you seriously think that we would get married one day ? Did you think about it, behind your counter, when you were serving me decaffeinated coffees?)

But it doesn’t really matter after all, that’s not why I’m writing. No, if I’m writing it’s because according to my calculations we’ve been together for exactly 2000 days. It’s quite an annivesary, isn’t it ?

This morning I thought about these 2000 days with you a lot. I thought about our first day and the gins and apricot we were drinking to give us some courage (honestly, gin and apricot, what were we trying to prove?). I thought about us yesterday in the magnificient Villa Medici, crushed by the heat.

I thought that I’d had 2000 days to get to know you and and that I’d managed so little (you like shoes and tea with no sugar, you like popcorn and Aidan Moffat).

And then I thought that I needed a bit more time with you. Not much, maybe 40 or 50 years, I’m not too sure. And that’s why I was writing really. I wanted to know if by any chance, if you had nothing better to do, if you had no other plan, you would mind spending a few more days with me.

We could maybe go eat an ice cream hand in hand. Or we coud get a drink on a terrace. If you like, I will teach you the rules of baseball.

At night, before you fall asleep, I will slightly run a hand in your hair.

It will be good, you’ll see.

Lettre à Madame Red


Je sais, je t’ai déjà écrit il y a quelques temps. Mais tu étais une demoiselle à l’époque, les choses ont bien changé. (Y pensais-tu sérieusement qu’un jour nous nous marierions ? Y pensais-tu quand derrière ton comptoir tu m’offrais des cafés décaféinés ?)

Mais peu importe après tout, je ne t’écris pas pour ça. Non, si je t’écris, c’est qu’en fait selon mes calculs nous sommes ensemble depuis 2000 jours exactement. C’est tout de même un drôle d’anniversaire, non ?

J’ai pensé longuement à ça ce matin, à ces 2000 jours avec toi. J’ai pensé au premier jour et aux gins abricots qu’on buvait pour se donner du courage (franchement, des gins abricots, que cherchions-nous à prouver ?). J’ai pensé à hier, ce dimanche écrasé par la chaleur dans la splendeur de la Villa Medici.

J’ai pensé que j’avais eu 2000 jours pour apprendre à te connaître et que j’en savais encore bien peu (tu aimes les chaussures et le thé sans sucre, Aidan Moffat et le popcorn).

Et je me suis dit que j’avais encore besoin d’un peu de temps avec toi. Oh, pas grand-chose, 40 ans ou peut-être 50, je ne sais pas trop. Et c’est pour ça que je t’écrivais finalement. Je voulais savoir si par hasard, si tu n’avais rien de mieux à faire, si tu n’avais pas d’autres projets, tu accepterais de passer encore quelques jours avec moi.

On pourrait par exemple aller manger des glaces en se tenant par la main. Ou bien aller prendre un verre sur une terrasse. Si tu veux je t’enseignerai les règles du baseball.

Le soir, avant que tu ne t’endormes, je passerai une main dans tes cheveux.

Tu verras, ce sera bien.

Friday, June 20, 2008

yesterday I got my visa to go to the USA

And I must say I look pretty good on the picture.

(Not everyone can say the same of their own picture)

J'ai obtenu mon visa pour les Etats-Unis hier

Et je dois dire que je suis plutôt pas mal sur la photo.

(Tout le monde ne peut pas en dire autant.)

Wednesday, June 18, 2008

I don't feel like Italy anymore


It is time, I thought yesterday, that I left Italy. And not only because they keep beating us at football.

There are other reasons.

I don’t feel like hearing people screaming in the street anymore.
I don’t feel like being ripped off anymore.
I don’t feel like checking my change to make sure everything is there anymore.
I don’t feel like waiting for the bus not knowing if it will ever show up anymore.
I don’t feel like coping with their rudeness anymore.
I don’t feel like stumbling on their busted cobblestones anymore.
I don’t feel like hearing of their corrupt politicians anymore.

Yesterday, then, I thought of Zidane.

Je n'ai plus envie d'Italie


Il est temps, me disais-je hier, de quitter l’Italie. Et pas seulement parce qu’ils nous battent régulièrement au foot.

Il y a d’autres raisons.

Comme par exemple:

Je n’ai plus envie d’entendre les gens hurler continuellement dans la rue.
Je n’ai plus envie de me faire arnaquer.
Je n’ai plus envie de regarder ma monnaie pour être sûr que tout est bien là.
Je n’a plus envie d’attendre le bus sans savoir s’il va réellement arriver.
Je n’ai plus envie de leur impolitesse.
Je n’a plus envie de m’entrabler sur leurs pavés pourris.
Je n’ai plus envie d’entendre parler de leurs politiciens véreux.
Hier, donc, je pensais à Zidane


Tuesday, June 17, 2008

A trip to Switzerland


I went to Geneva last week. For work, needless to say, one hardly goes there for fun.

I was trying to get a job with the UN.
But I don’t want to become a blue helmet, though, it’s far too dangerous. Even if blue generally suits me well.

In fact I want to be a spy. An international spy. Not like at the Agency.

So while in Geneva, I trained a lot and spied everyone all the time.

And here is my report:

- The Kebab next to the station is really good.
- Some Swiss have the good taste to speak French.
- Starbucks coffees are exactly the same as anywhere else.
- When you’re told that one tram will leave at 6h42, it leaves at 6h42.
- It looks like the country is not under the imminent threat of a civil war.
- Generally speaking and according to the evidence I gathered, the Portuguese play better football than the Swiss.
- With the money they would give me if I had a job there, I could pay people to read my blog.

Here you go.

I’m now waiting for the results with serenity.

Un voyage en Suisse


Je suis allé à Genève la semaine dernière. Pour le travail, va s’en dire : on y va rarement pour le plaisir.

J’essayais d’y décrocher un boulot à l’ONU.

Mais pas casque bleu, tout de même, c’est beaucoup trop dangereux. Et cela même si le bleu me va plutôt bien dans l’ensemble.

Non, c’est espion que je veux faire. Espion international. Pas comme à l’Agence.

Alors à Genève je me suis beaucoup entraîné, j’ai espionné tout le monde, tout le temps.

Et voici mon rapport :

- Le kébab juste à côté de la gare est très bon.
- Certains suisses ont le bon goût de parler français.
- les cafés Starbucks sont très exactement les mêmes qu’ailleurs.
- Quand on te dit qu’un tram part à 6h42, il part à 6h42.
- Il ne pèse pas a priori de menace imminente de guerre civile sur le pays.
- De manière générale et de toute évidence, les portugais jouent mieux au football que les suisses.
- Avec mon salaire de l’ONU, je pourrais payer des gens pour lire mon blog.

Voilà.

J’attends maintenant les résultats avec sérénité.

Wednesday, May 28, 2008

Il était une fois trois amis


C’était il y a trois ans déjà, ma première rencontre avec Don J et Géo Boun. Nous nous ressemblions étrangement et il est vite devenu évident que nous allions devenir amis.

Don J, un vétéran de l’Agence, nous a beaucoup aidé les premiers temps. Pourtant c’est Géo Boun qui allait prendre les choses en main. En fait il a inventé un concept, qui allait devenir notre devise, « Travailler différemment »

Pour le profane, ce concept demance une clarification:

- Dans ce cas précis « différemment » signifie en fait « le moins possible

Et pour nous, un certain nombre de règles :

- Utliser constamment des mots obscurs, compliqués et longs d’au moins trois syllabes pour décrire ce sur quoi on est en train de travailler, et cela même si on ne saurait les épeler si la question se posait.

- Agiter les mains dans tous les sens pour acompagner l’utilisation de ces mots afin de maintenir son public en état de choc.

- Passer énormément de temps à boire des cafès à la cafétéria ( pour s’assurer que tout s’y déroule normalement).

- Eviter coûte que coûte toute réunion formelle. Si cela s’avère impossible, procéder à l’utilisation des mots sus-cités ( sans oublier bien sûr d’agiter les mains dans tous les sens).

- Organiser tous les jeudis un repas de travail pour y aborder des problèmes aussi importants que le ridicule nez rouge d’Alex Ferguson ( c’est un exemple).

- Deviser des stratégies pour assister aux dits repas sans la présence de collaborateurs crétins et indignes de nous.

- Avoir l’air généralement serein mais responsable.

"Travailler différemment" a fonctionné à merveille pour nos carrières.

On m’envoie à Los Angeles et Géo Boun vient de se voir attribué LE boulot de rêve en Angleterre (après tout, c’est lui qui a inventé le concept, non ?). Nous sommes tous les deux très heureux, mais peut-être un peu jaloux de Don J car, comme je l’expliquais ici, sa femme a trouvé un chouette trravail au Pérou et il va simplement la suivre là-bas et rien foutre.

Evidemment, nous sommes contents de notre expérience à Rome. Sauf que bien sûr ça va être un peu compliqué de nous retrouver tous les trois dans un futur proche.

En fait, en observant une carte du monde, nous nous sommes rendus compte que le point de rencontre le plus proche et le plus pratique serait le Triangle des Bermudes.

C’est un signe à mon avis.

Un signe qu’il va bien falloir profiter de ces dernières semaines.

Once there were three friends



It was almost three years ago already, my first encounter with Don J and Geo Boun. The three of us looked strangely alike and it indeed became clear very early on that we were going to be friends.


Don J had quite an experience working for the Agency and he helped us a lot in the beginning. Yet it is Geo Boun who was going to lead the way. In fact, he invented a concept which became our motto: "working differently".

For the profane reader, this concept implies one clarification :

- in this particular occurrence "differently" means "as little as possible".

And for us, a certain number of rules, such as:

- constantly using obscure, complicated, multi-syllable words to describe whatever it is that you are doing, even if you are not too sure how you would spell them if you had too.

- franctically moving your hands while using these words to keep your audience in awe.

- spending a vast amount of time drinking coffee at the cafeteria (to make sure things are going smoothly there)

- avoiding at all cost any kind of formal meeting. When this proves impossible, resorting to the use of previously mentioned obscure, complicated, multi-syllable words (never forgetting of course to franctically move hands).

- going for a business lunch every thursday to discuss such important matters as Alex Ferguson's ridiculous red nose (it's only an example).

- designing strategies to go to said lunches without the presence of moronic co-cworkers unworthy of our presence.

- look generally relaxed but in charge.

"Working differently" did wonders four our careers.

I am being sent to Los Angeles. And Geo Boun just landed the mother of all jobs in England (after all he invented the concept, didn't he ?). We're both very excited if not a bit jealous of Don J because as I previously explained here, his wife got a great job in Peru and he's just going to follow her there and hang out.

Needless to say we're very happy about our experience in Rome. Except of course that it's going to be hard for us to meet again in the near future.

Actually, using a map of the world, we found out that the closest and most convenient meeting point for us next year would be the Bermuda triangle.

I think it says something.

It says that we'd better enjoy those last few weeks.







Wednesday, May 21, 2008

Go on lads!


Monday, May 19, 2008

Sharapova stood me up

I was ready. I woke up in a good mood and put on my nicest pair of crutches.
But Maria didn't show up.

She gave me a lousy excuse, something to do with back spasms, which I didn't really buy.

So instead I sat there in the sun and ate ice creams with Madame Red and our Scottish friend.
Well, Maria, too bad for you because it was very nice all the same.

La Sharapova m'a posé un lapin

J’étais prêt. Je m’étais levé de bonne humeur, j’avais mis ma plus belle paire de béquilles.

Mais voilà, Maria n’est pas venue.
Elle m’a sorti une excuse bidon, une histoire de dos bloqué à laquelle j’ai cru qu’à moitié.

Alors à la place je suis resté au soleil à manger des glaces avec Madame Red et notre copine écossaise.

Franchement, Maria, tant pis pour toi.

Friday, May 16, 2008

Caution, wet floor


Janet and I, we have that in common that we're both scared in the shower.


Not for the same reasons of course, but still, I thought it had to be said.

Attention sol glissant


Janet et moi, on au moins ça en commun, qu'on a tous les deux peur sous la douche.

Pas pour les mêmes raisons bien sûr, mais tout de même, il me semblait qu'il fallait le souligner.

Wednesday, May 14, 2008

Ego wound


I had it all planned.


The scar on my knee wouldn't go unnoticed. I could already see myself at parties talking to an attentive audience about the circumstances of the accident.


Ambushes in the jungle, heroic actions in the midst of devastating earthquakes, desperate rescues of tearful young girls, crocodile bites, bullets flying around, the trouble past of a soldier of fortune.


Except.


Except that now that the staples are gone the scar doesn't look like much. The scratch of a kid who fell off his bike, an infected mosquito bite, a clumsy burn from a summer night barbecue in Wexford.


It's hardly going to impress anyone in Los Angeles, is it ?

Blessure morale


J’avais tout prévu.

Cette cicatrice sur mon genou n’allait pas passer inaperçue. Je me voyais déjà au cours de soirées bien arrosées expliquer à mon auditoire conquis les circonstances de l’accident.

Des embuscades dans la jungle, des actes héroïques pendant des tremblements de terre, des sauvetages désespérés de jenes filles en pleurs, des morsures de caïmans, des balles qui ricochent, un passé trouble de mercenaire.

Sauf que.

Sauf qu’une fois les points enlevés ma cicatrice ne ressemble à rien. Une égratignure d’un gamin tombé de vélo, une piqûre de moustique vaguement infectée, une brûlure de barbecue à Palavas-les-flots.

Pas comme ça que je me vais faire des amis à Los Angeles, moi.

Saturday, May 10, 2008

To be fair, to be fair

A lot more people congratulated Madame Red on her blog than they did on mine when we announced that we'd got married.


I don't think it's fair to her.


Because if you knew how beautiful she looks, in all fairness, it's me you would be congratulating.

Injustice

Beaucoup plus de gens ont félicité Madame Red que moi quand nous avons fait le post sur notre mariage.


Je trouve que c'est un peu injuste pour elle.


Parce que si vous saviez à quel point elle est belle, franchement, c'est moi que vous féliciteriez.

Friday, May 9, 2008

A trop rester au lit


Je sais, il y a un moment que je n'ai rien écrit. Mais il semble que je sois incapable d'écrire un truc bien. Un truc qui me vaudrait une nomination aux Irish blogs awards, par exemple.

Et puis aussi j'essayais d'écrire un truc plus long, genre un roman.

Pour l'instant j'ai la première et la dernière phrase.

C'est tout le reste au milieu qui me pose des soucis.

Of staying in bed


I know, I haven't written in a while. It's just that I can't seem to be able to write anything worthwhile.
Something that could get longlisted for the Irish blog awards for example.

And then also I was trying to write something more like a novel.

At the moment I have the first and the last sentence.

It's the middle bit that bothers me.

Tuesday, May 6, 2008

Entre ici Jean Moulin (1)


I didn't know that Klaus Barbie had had children.


Nor grandchildren for that matter.


But now I do.


One of them is a physio in Rome.


(1) For my readers who would not know Jean Moulin, he was a hero of the French Resistance who was tortured to death by Gestapo officer Klaus Barbie in 1943. The title refers to the the eulogy read by André Malraux (2) the day Jean Moulin's ashes were transferred to the Panthéon.

(2) Now if you don't know who André Malraux is, get the fuck out of my website.

Entre ici



Je ne savais pas que Klaus Barbie avait eu des enfants.

Encore moins des petits enfants.

Mais maintenant je le sais.

Il y en a un qui est kiné à Rome.

Monday, May 5, 2008

We're gonna have to get used to it


This week-end, Mademoiselle Red became Madame Red.

And I'm quite proud of it.

Il faudra bien s'y faire


Ce week-end, Mademoiselle Red est devenue Madame Red.

Et j'en suis assez fier.


Tuesday, April 29, 2008

In bed with the Major


A lot of people ask me, so Major, what do you do in bed all day?
Well that’s easy, I reply.

In the morning, I start to convince myself that I don’t need a shower.

At around 11, I try to ignore my thirst for a coffee (I quit absorbing any kind of liquid as this automatically ends up by me having to get up to go to the loo).

I mentally dance around listening to Mgmt’s Kids.

I skip lunch (massively overrated if you want my opinion).

I do a few exercises to stimulate my sore knee.

I faint.

At that stage of the day it is generally accepted that I don’t need a shower that desperately.

I concentrate on a series of objects such as pens, books or cell phones in order to move them around simply with thought.

In the evening –and it’s so much fun - I watch the hairs on my leg grow back.

But watch out, every day I set a new challenge for myself
Tomorrow, I’ll put on a sock.

In bed with the Major


Beaucoup de gens me demandent, alors Major, qu’est-ce que tu fais toute la journée au lit ?
Eh bien c’est simple, réponds-je.

Le matin, je commence à me convaincre que je n’ai pas besoin de prendre une douche.

Vers 11 heures, j’essaie d’ignorer mon envie de café (j’ai arrêté d’ingurgiter tout produit liquide car cela m’obligerait à me lever pour aller pisser).

Je danse mentalement en écoutant Kids des Mgmt.

Je saute le repas de midi (tout à fait surévalué si vous voulez mon avis).

Je fais quelques exercices pour stimuler mon genou douloureux.

Je tombe dans les pommes.

A ce moment de la journée, il ne fait plus de doute que je n’ai pas tant besoin d’une douche que ça.

Je me concentre sur une série d’objets tels que des stylos, des livres ou des portables dans le but de les faire bouger par la seule force de l’esprit.

En soirée, pour m’amuser un peu, je regarde repousser les poils de ma jambe.

Mais attention, tous les jours je me lance un nouveau défi.
Demain j’enfile une chaussette.

Monday, April 28, 2008

I've been watching a lot of TV lately

Knee surgery. 8,752 euro

A pair of crutches: 24 euro

Three months of intense physio: 540 euro


Breakfast in bed served by Mademoiselle Red: Priceless

J'ai beaucoup regardé la télévision récemment

Une opération du genou: 8752 euros

Une paire de béquilles: 24 euros

Trois mois de rééducation intense: 540 euros

Le petit dèj servi au lit par Mademoiselle Red: ça n'a pas de prix.

Monday, April 7, 2008

Steve Austin

As I said here, and after this and this, I’m going to have surgery soon. Soon as in next week. And I’m trying to be a man here, but I am a bit nervous.

So to make me feel better I like to think of Steve Austin. I mean the guy was completely destroyed when he arrived at the hospital, right ? And then they put all this cool shit inside his body and bing he comes out of there stronger than before. And that was was like 30 years ago.

So I asked my surgeon what cool shit he was going to use to repair my knee.

“ A piece of your butt cheek” was his abismally disappointing answer.

Steve Austin

Comme je le disais ici et après ça et ça, je vais bientôt me faire opérer. Bientôt ça veut dire la semaine prochaine. Et j’essaie de me comporter en homme, mais j’ai quand même un peu la trouille.

Alors pour me rassurer, j’aime bien penser à Steve Austin. C’est vrai quoi, le typer est arrivé complètement bousillé à l’hôpital, on lui a mis plein de trucs super cool dans le corps et bing, il en ressort plus fort qu’avant. Et encore c’était il y a trente ans.

Alors j’ai demandé à mon chirurgien quel truc super cool il allait utiliser pour réparer mon genou.

« Un bout de fesse » fut sa très, très décevante réponse.

Sunday, April 6, 2008

The first post about Los Angeles


I could try to describe rationnally how excited I am to move to Los Angeles. I could try to explain that it is a wonderful work opportunity. I could talk about the climate of Southern California. I could mention that it looks difficult to get an apartment that doesn’t come with a swimming pool. I could point out that it’s my chance to finally get to meet David Beckham.

Except that it wouldn’t be enough.

So the best thing I can do is to tell you what I think of when I think of Los Angeles.

It’s early on a Saturday morning, I’m hungry and dying for a coffee. On my way to my favourite diner I pick up the LA Times. I get a table by the window and the waitress takes my order.

My order, this is how good Los Angeles looks to me right now: a stack of delicious, mouth-watering, juicy blueberry pancakes served with an orange juice and a bottomless coffee.

So, bring it on.

This post is loosely and very modestly inspired by a text by Richard Brautigan called I was trying to describe you to someone in "The Revenge of the Lawn"

Le premier post sur Los Angeles


Je pourrais essayer de décrire rationnellement à quel point je suis excité à l’idée de partir à Los Angeles. Je pourrais essayer d‘expliquer que c’est une belle expérience professionnelle. Je pourrais parler du climat du sud de la Californie. Je pourrais mentionner qu’il parait difficile de trouver un appartement sans piscine. Je pourrais faire remarquer que je tiens là ma chance de faire enfin la connaissance de David Beckham.

Sauf que ça ne suffirait pas. Alors le mieux que je peux faire c’est raconter ce à quoi je pense quand je pense à Los Angeles :

C’est un samedi matin, il est encore tôt. J’ai faim et j’ai vraiment envie d’un café. En route vers mon bar favori j’achète le LA Times. Je choisis une table près de la fenêtre et la serveuse prend ma commande.

Ma commande, voilà exactement à quoi ressemble Los Angeles pour moi : une montagne de délicieux pancakes aux fruits rouges bien juteux, avec un énorme café et un jus d’orange.

A table !

Ce post est librement, et très modestement, inspiré d’un texte de Richard Brautigan appelé J’essayais de te décrire à quelqu’un, que l’on peut trouver dans son livre "La Revanche de la pelouse".

Thursday, April 3, 2008

Wednesday, March 26, 2008

Football is a form of art

I am not just a pretty face. I go to museums too. And on Monday I really enjoyed Sebastiano Del Piombo. Although in the beginning I wasn't completely convinced. The curators were trying - a bit clumsily - to explain that Piombo was a precursor. Titian ? A copycat. Michelangelo ? A mere collaborator of the newfound genius. Look at the hands they kept saying. Look at this movement, this energy. But I wasn't buying it.


That's until I saw this picture:

And then it all made sense . Look at that, look at how she calmly but forcefully signals Alex Ferguson to fuck off. Truly amazing.

Sebastiano Del Piombo, a true precursor indeed.

Tuesday, March 25, 2008

Free gaff


My friends and I, we are really excited : Mademoiselle Red is going to England for a week. Party galore! Bring on the booze, bring on the girls!


Alright, but tomorrow then, because tonight I miss her a little.

Vas-y, ramène toi et tout le monde chez moi *


Mes amis et moi, on est vachement excité, Mademoiselle Red part une semaine en Angleterre. Que la fête commence ! Que l’alcool coule à flot, que les filles se dénudent !


Ouais, d'accord, mais demain alors, parce que ce soir elle me manque un peu.


*Titre emprunté, évidemment, aux inoubliables Forbans.

Monday, March 24, 2008

Embedded with Major



Monday

As a teenager I remember my dad coming back from work on Monday nights, usually whistling a melody out of a tune. “Once Monday is over”, he would tell me, “the week is pretty much over.”
Since then, I’ve been trying to make mine this principle of life. And let’s face it, I’ve failed miserably. Except for one thing: I tend to find that Mondays do feel as long as entire weeks.

Tuesday

Wake up with a mild, post St Patrick hangover and with my glasses still on – I’d fallen asleep watching Hitchcock’s Topaz. Need a lot of coffees all day long to stay awake. Anyway the cafeteria is the place to be, no one works anymore. Everyone wonders where the Agency is going to send them. All we do at the moment is drink capuccino and talk shit.

Wednesday

A lot of unexpected meetings – like the people in the offices upstairs have realized that no one was focused. During these meetings I adopt one simple strategy: I remain completely silent and look mysterious.

Thursday

We learn through the grapevine that our direct boss is assigned to Shangai. Some joke that it’s a strategy to cool down the Chinese economy. And indeed the Shangai stock exchange falls by 3,6 % overnight.

Friday

Day off. I’ve got a few things to do but decide, in a moment of lucidity, to postpone them all. Except that I have to go and get my blood tested. It lasts about 2 minutes and I’m quite proud coming out of the lab as I managed not to cry at the sight of the needle.

une semaine avec le Major



Lundi

Adolescent je me souviens que mon père rentrait du travail le lundi soir en sifflant faux. « Une fois que le lundi est passé » me disait-il « la semaine est finie ».
Depuis j’essaie de faire mien ce principe de vie. J’ai largement échoué, je dois bien l’avouer. Sauf sur un point : les lundis me semblent en effet aussi long qu’une semaine entière.

Mardi

Je me réveille avec une légère gueule de bois post St Patrick et mes lunettes vissées sur mon nez. Je me suis endormi devant Topaz d’Hitchcock. J’ai besoin de café toute la journée pour rester éveillé. De toute façon tout le monde est à la cafet, plus personne ne travaille. Chacun se demande où l’agence va l’envoyer. On boit des capuccino en tirant des plans sur la comète.

Mercredi

Des réunions imprévues toute la journée. Un peu comme si nos directeurs à l’étage s’étaient rendus compte que personne n’était à son travail. Pendant ces réunions, j’adopte une stratégie simple : je reste totalement silencieux tout en prenant l’air mystérieux.

Jeudi

Nous apprenons par la bande que notre supérieure hiérarchique directe est nommée à Shangaï. Certains plaisantent qu’il s’agit d’une ruse pour faire dérailler l’économie chinoise. Et en effet la bourse de Shangaï dévisse de 3,6% dans la nuit.

Vendredi

Congé. J’ai deux, trois choses à faire mais je décide, dans un moment de lucidité, de les remettre à plus tard. Sauf que je dois aller faire une analyse de sang. Ca dure à peu près deux minutes et je ressors assez fier de moi : je n’ai pas pleuré à la vue de l’aiguille.

Sunday, March 16, 2008

The stupid alarm clock story


This morning there was a marathon in Rome.


And I forgot to wake up to run it.


Too bad.

Une stupide histoire de réveil


Ce matin c'était le marathon de Rome.

Et j'ai oublié de me réveiller pour aller le faire.

C'est con.

Wednesday, March 12, 2008

One song, one story - 2

Place des Grands Hommes, Patrick Bruel

In 1989 France, there was no dodging this song about a guy who goes to the class reunion that he and his friends had promised to attend 10 years earlier (a concept completely alien to French people).

So my friends and I did exactly the same and we all swore to meet again, the 6 of us, in December 1999. At the time we were in a theater group and we had just played together for the very last time. We knew that this was it, we knew that each one of us would go on with our lives, and most of all, we thought this idea of meeting again was incredibly romantic.

We all went to Uni and the following year we managed to meet a couple of times. But then we lost touch. It was ok, though, as we had our big rendez-vous in 1999.

Needless to say we didn’t make it. Not because we forgot but because one day in 1993, one of us, Eve, died in a car crash.

Fortunately, today no one listens to that song anymore. But I still think about her. And I know the others do too.

Une chanson, une histoire - 2


Place des Grands Hommes, Patrick Bruel

En France en 1989, impossible d’éviter cette chanson sur ce type qui va retrouver ses camarades de classe après 10 ans .

Alors mes amis et moi, comme sûrement tout le monde à cette époque, avions décidé de faire de même. Nous nous rencontrerions en décembre 1999. A ce moment là, nous faisions du théâtre et nous venions de jouer ensemble pour la toute dernière fois. Nous savions que ça y était, que chacun allait faire sa vie, et surtout, nous trouvions cette idée des retrouvailles totalement romantique.

Nous sommes tous allés à la fac et l’année suivante nous avons réussi à nous rencontrer une fois ou deux. Et puis nous nous sommes perdus de vue. Mais ce n’était pas bien grave, nous avions notre grande soirée en 1999.

Est-il bien utile de le préciser, nous n’y sommes jamais allés. Pas parce que nous avons oublié mais parce qu’un jour de 1993, l’une d’entre nous, Eve, s’est tuée dans un accident de voiture.

Heureusement aujourd’hui plus personne n’écoute cette chanson. Mais moi ça ne m’empêche pas de penser à Eve. Et je sais que les autres y pensent aussi.

Tuesday, March 11, 2008

My favourite new song / Ma nouvelle chanson préférée

Tunng - Take

Apparently, it's about growing old and driving fast cars.

Apparemment, ça parle de viellir et de conduire de grosses bagnoles.


Sunday, March 9, 2008

The Agency - Part deux

I sometimes imagine people in dark suits deciding on my future in a low voice. I sometimes imagine a picture of me popping up on a screen and guys blinking at each other behind their sunglasses.

But the truth is, I have no idea. I don’t have a clue how all of this happens, who decides who is going to do what and where. The only thing I thought I knew was when decisions were made. Well I had that wrong too.

Last Wednesday, a month earlier than expected, the Agency offered me a job. I can’t tell where it is yet as it is most highly unofficial and other offers should follow. But I’ll give two clues:

- Mademoiselle Red and I are pretty excited
- Mademoiselle Red’s less tall brother described the offer as “pretty fucking cool”

But to find out more, we’ll have to wait a few weeks.

L'Agence - Part deux

J’imagine parfois des gens en costumes sombres décidant de mon avenir à voix basse. J’imagine parfois ma photo apparaissant sur un écran et des types qui se font un clin d’œil derrière leurs lunettes de soleil.

Mais la vérité, c’est que je n’en sais rien. Je ne sais pas comment tout cela se passe, qui décide de qui ira faire quoi et où. La seule chose que je pensais savoir c’était quand cela se décidait. Là aussi je me trompais.

Mercredi dernier, avec un mois d’avance, l’Agence m’a proposé un poste. Je ne suis pas autorisé à dire encore où , étant donné que c’est toujours hautement officieux et que d’autres offres devraient suivre.
Alors je donnerai simplement deux indices :

- Mademoiselle Red et moi sommes passablement excités.
- A l’annonce de la nouvelle, le moins grand frère de Mademoiselle Red a eu ces mots : « putain que c’est cool »

Mais pour en savoir plus, il faudra attendre quelques semaines.

Wednesday, March 5, 2008

One song, one story -1

I’m trying to remember but it’s not easy, it was a long time ago. There was on the wall a portrait of the queen smoking a joint and on the sink a worn out teapot.
Despite the winter and despite the wide open windows, the Scouser was cooking topless.
We were talking about an upcoming party or perhaps, why not, about something radically different. Then it was silence, as it sometimes happens between two friends.
It is precisely during this silence that I heard Unfinished Sympathy for the first time.
We ate our lunch and we went back to work but I know that a little part of me stayed in that apartment. It’s not often that you can pinpoint exactly a moment when your life took a sudden turn. I like to think at this moment as one of them.
Incidentally, a few days later the Scouser called me Major for the first time.

Years later I got to talk to Daddy G and I almost told him that very story. Thank God I am too shy and he was way too stoned.

Une chanson, une histoire - 1

J’essaye de me souvenir, mais ce n’est pas facile, ça fait déjà si longtemps. Il y avait au mur un portrait de la reine qui fumait un pétard et sur l’évier une théière fatiguée.
Le Scouser, malgré l’hiver et malgré les fenêtres ouvertes, cuisinait torse nu des pâtes à la bolognaise.
Nous parlions d’une fête qui se préparait, ou peut-être, pourquoi pas, de toute autre chose.
Puis le silence se fit, comme cela arrive parfois entre deux amis.
Et c’est précisément pendant ce silence que j’entendis Unfinished Sympathy pour la première fois.
Nous avons mangé et nous sommes retournés au travail mais je sais qu’une petite part de moi est restée dans cet appartement. Ce n’est pas si souvent que l’on peut situer avec exactitude un moment où notre vie a pris un tour différent. J’aime à penser que celui-ci en était un.
Quelques jours plus tard, ce n’est pas un hasard, le Scouser m’appela Major pour la première fois.

Des années plus tard, j’eus l’occasion de discuter avec Daddy G et je fus à deux doigts de lui raconter cette histoire. Dieu merci, je suis trop timide et il était bien trop stone.

Monday, March 3, 2008

...






Mondays, really, I'm quite happy there's only one of them a week.

...





De lundi, mine de rien, je suis bien content qu'il n'y en ait qu'un par semaine.

Friday, February 29, 2008

A strange phone call


Two days ago a lot of people called me to wish me a happy birthday.
Except for Steve Wonder of course who just called to say he loved me.

Nice one, Steve.

Un étrange coup de fil


Il y a deux jours beaucoup de gens m’ont appelé pour me souhaiter un bon anniversaire.
A part Steve Wonder bien sûr qui m’a juste appelé pour dire qu’il m’aimait.

Sacré Steve.